L’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo continue de susciter des inquiétudes alors que la transmission s’accélère au Nord-Kivu, malgré une baisse du nombre de cas à l’échelle nationale.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti mardi que la situation locale diffère nettement de la tendance nationale, le nombre de décès hebdomadaires au Nord-Kivu ayant presque doublé au cours des deux dernières semaines. La province a concentré près de 45 % de tous les cas signalés la semaine dernière, alors que le pays enregistrait un total de 7 200 cas et 3 475 décès répartis sur sept provinces au 12 septembre.
Le Nord-Kivu confronté à une forte hausse de la transmission
Olivier le Polain, épidémiologiste à l’OMS, a qualifié d’« exponentielle » la tendance observée au Nord-Kivu, le nombre de cas hebdomadaires étant passé d’une centaine à plus de 200. Il a souligné que la transmission d’Ebola reste intense et géographiquement étendue, alors même que les autorités constatent les premiers signes d’amélioration dans certaines zones de l’Ituri, province où l’épidémie a débuté. Aucun cas confirmé n’a été signalé au Sud-Kivu depuis fin mai, tandis que les provinces du Sud-Ubangi, du Bas-Uélé, de la Tshopo et du Haut-Uélé continuent de rapporter des cas à des niveaux variables.
L’ONU appelle à davantage de ressources
Julien Harneis, coordinateur de l’ONU pour la lutte contre Ebola, a averti que l’ampleur de l’épidémie rend difficile sa gestion comme une épidémie unique, compte tenu de la multiplicité des foyers distincts nécessitant des réponses adaptées.
Tout en saluant la coopération locale et internationale, il a appelé à un renforcement du financement, soulignant que les opérations humanitaires ne disposent actuellement que de 49 % des ressources nécessaires. L’OMS estime par ailleurs que la riposte requiert 5 000 agents de santé supplémentaires, tandis que les autorités continuent de mettre en garde contre le risque d’une propagation accrue du virus en cas de relâchement des efforts.





