Au moins trente-sept personnes accusées d’exploitation minière illégale ont perdu la vie, alors qu’elles étaient en détention dans le centre-nord du Nigeria, ont rapporté les médias locaux. La police a ouvert une enquête après ces décès survenus dans un centre de détention géré par le Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria (NSCDC) dans l’État du Niger. L’agence a d’abord attribué les décès à une épidémie suspectée de diphtérie, avant d’indiquer que des examens médicaux et des analyses de laboratoire devaient en déterminer la cause exacte.
Un survivant a déclaré à l’agence Associated Press qu’environ 65 détenus étaient entassés dans une cellule mal ventilée, laissant craindre que l’asphyxie n’ait causé les décès. Des proches ont également mis en doute la version officielle, certains affirmant que les détenus étaient morts à la suite de violences délibérées.
Le gouverneur de l’État du Niger, Mohammed Umaru Bago, a qualifié ces décès de « tristes et tragiques », a décrété trois jours de deuil et a annoncé la détention d’un commandant du NSCDC à la suite de l’incident. Les corps des victimes ont depuis été transférés dans un hôpital général de Minna pour y subir des autopsies.
Les autorités avaient arrêté ces jeunes hommes mardi près de Borgu — une zone connue pour l’extraction artisanale d’or — en raison de soupçons d’activités minières illégales. Le chef de la police de l’État du Niger a ordonné une enquête immédiate sur ces décès, tandis que des responsables et des experts ont établi un lien entre l’extraction illégale d’or et la violence criminelle dans la région. Un rapport de SwissAid publié en 2024 a également révélé qu’une grande partie de l’or de la région intègre les chaînes d’approvisionnement mondiales, soulignant ainsi les enjeux économiques plus larges liés à cette activité.



