Le Parlement du Burkina Faso a adopté mardi un nouveau code pénal qui rétablit la peine de mort, près de huit ans après son abolition en 2018. Selon le ministère de la Justice, les 71 membres de l’Assemblée ont approuvé le texte à l’unanimité, après sa présentation par le ministre Edasso Rodrigue Bayala au nom du gouvernement.
Le nouveau code prévoit la peine capitale pour plusieurs crimes, notamment le terrorisme, l’espionnage, la trahison et l’importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort. Le gouvernement justifie cette mesure par la lutte contre l’insurrection djihadiste qui frappe le pays depuis plusieurs années et a causé des milliers de morts ainsi que des millions de déplacements. Selon le ministre de la Justice, l’ancien code pénal facilitait le recrutement au sein des groupes armés.
Cette décision suscite toutefois des inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch avait notamment averti que le rétablissement de la peine capitale pourrait renforcer la répression et accroître les pressions contre les voix critiques du pouvoir militaire. Le Burkina Faso avait supprimé la peine de mort en 2018, et sa dernière exécution judiciaire connue remonte à 1988, selon Amnesty International.





