Le président russe Vladimir Poutine cherche à renforcer les liens de Moscou avec l’Afrique en présentant son pays comme une alternative à un Occident qu’il accuse de perpétuer des pratiques coloniales. Lors du sommet Russie-Afrique à Moscou, il a promis une coopération fondée sur le partage des compétences, les investissements et le développement économique.
« L’Afrique s’affirme de plus en plus comme l’un des acteurs clés de l’économie et de la politique mondiales », a déclaré Poutine devant les dirigeants africains et les délégations de 48 pays. Il a toutefois dénoncé la résistance de certains États à l’émergence d’un monde multipolaire, accusant ceux qui « sont habitués à penser en fonction de leur passé colonial et à s’enrichir de manière démesurée ». Le président russe a également critiqué les conditions financières imposées, selon lui, par les pays occidentaux, estimant qu’elles risquaient de replonger les nations africaines dans une forme de dépendance par la dette. En réponse, il a affirmé que Moscou souhaitait partager son savoir-faire, notamment numérique, développer la production locale et créer des emplois plutôt que de se limiter à l’achat de matières premières.
Pour renforcer cette coopération, Poutine a proposé des projets communs dans les transports et l’agriculture, tout en promettant de fournir davantage de céréales et d’engrais aux pays africains. Il a également défendu une représentation plus importante du continent au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale.
De son côté, le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a salué une coopération avec Moscou qui, selon lui, respecte les intérêts des deux parties et les cultures africaines. « C’est radicalement différent de ce que nous avons connu avec la France impérialiste », a-t-il déclaré à la chaîne russe RT. Ce sommet s’inscrit dans la stratégie du Kremlin visant à étendre son influence politique, économique et militaire en Afrique, alors que les pays occidentaux accusent des forces russes de soutenir certains régimes militaires, des accusations que Moscou rejette.





