L’Éthiopie renforce son arsenal militaire avec la réception de 12 avions de combat russes Su-35 et un projet d’acquisition de systèmes de défense antiaérienne S-400. Cette opération intervient alors que les tensions s’intensifient dans le Tigré et que les relations avec l’Érythrée restent fragiles.
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a qualifié cette acquisition d’« étape majeure » pour la défense nationale. En visite à Moscou pour le sommet Russie-Afrique, il a précisé que les deux pays avaient conclu l’accord plusieurs années auparavant et que la livraison avait pris de l’avance. Selon lui, les Su-35 renforceront les capacités aériennes de l’Éthiopie, tandis que les systèmes S-400 contribueront à protéger les villes et les infrastructures stratégiques.
L’analyste en renseignement militaire Qalaab Segatu estime que cet équipement montre qu’Addis-Abeba se prépare aussi à d’éventuels conflits avec des pays voisins. Ces achats s’inscrivent dans le prolongement de la coopération militaire entre l’Éthiopie et la Russie, notamment un accord signé en 2021.
Cette montée en puissance intervient alors que de nouveaux combats opposent le gouvernement éthiopien au Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), chaque camp accusant l’autre de violer l’accord de paix de 2022. Addis-Abeba accuse également l’Érythrée de soutenir le mouvement tigréen, une accusation que le pays voisin rejette. Par ailleurs, les tensions s’aggravent autour de l’accès à la mer, qu’Abiy Ahmed considère comme une question existentielle pour l’Éthiopie. L’Érythrée, indépendante depuis 1993 après plusieurs décennies de guerre, voit dans les déclarations du dirigeant éthiopien une menace pour sa souveraineté. Dans ce contexte, le renforcement militaire éthiopien suscite des inquiétudes quant à une possible aggravation des tensions régionales.





