Au Maroc, les partis politiques intensifient leurs efforts pour séduire les jeunes électeurs en vue des élections législatives du 23 septembre, promettant emplois et logements abordables alors que la frustration grandit au sein de cette frange de la population.
Cette campagne intervient après des manifestations menées par des jeunes en 2025 et une tentative massive de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta, événements qui ont mis en lumière les inquiétudes concernant le chômage, les inégalités économiques et le manque d’opportunités. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), au pouvoir, et le Parti authenticité et modernité (PAM) ont placé l’emploi des jeunes au cœur de leur campagne, promettant chacun la création d’environ un million d’emplois au cours de la prochaine législature. Ils ont également mis en avant d’importants investissements dans les infrastructures liés aux préparatifs du Maroc pour la Coupe du monde 2030.
Les jeunes Marocains se montrent peu confiants envers la politique
Il reste difficile pour les partis politiques de mobiliser les jeunes électeurs. Les chiffres officiels cités par Reuters indiquent que les 18-24 ans représentent environ 12 % de la population, mais seulement 3 % environ des électeurs inscrits. Un sondage Afrobaromètre publié en mars a révélé qu’à peine un tiers des Marocains âgés de 18 à 35 ans disaient faire confiance au Parlement, au Premier ministre ou aux partis politiques. Cette même étude a montré que les jeunes Marocains affichent un niveau d’engagement politique inférieur à celui des tranches d’âge plus élevées, leurs opinions restant largement façonnées par des préoccupations économiques.
La croissance économique n’a pas résolu le chômage des jeunes
Le Maroc a massivement investi dans les ports, le réseau ferroviaire, l’industrie, les phosphates et les énergies vertes dans le cadre de sa stratégie de développement à long terme ; pourtant, les jeunes continuent de rencontrer d’importantes difficultés pour accéder au marché du travail. Le taux de chômage des jeunes avoisine les 27 %, selon les derniers chiffres cités par Reuters, tandis qu’une grande partie des jeunes Marocains se retrouvent sans emploi, sans scolarité ni formation.
L’étude Afrobaromètre révèle également que seuls 20 % des jeunes Marocains approuvaient les efforts du gouvernement en matière de création d’emplois lors du précédent sondage, soulignant ainsi le décalage entre les investissements économiques et la perception des opportunités. À l’approche du scrutin du 23 septembre, les partis sont confrontés au défi de transformer leurs promesses électorales en un engagement accru de la part d’une génération de plus en plus préoccupée par l’emploi, le logement et les perspectives économiques.





