L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a été désigné à la tête d’une nouvelle coalition rebelle liée au M23. Cette alliance cherche à élargir la rébellion et à rallier davantage d’opposants au président Félix Tshisekedi.
Richard Moncrieff, spécialiste de la région des Grands Lacs à l’International Crisis Group (ICG), estime que Kabila compte sur sa notoriété pour attirer des Congolais mécontents du pouvoir de Félix Tshisekedi, au-delà de la base politique restreinte du M23. L’ancien chef de l’État chercherait également à convaincre davantage d’officiers supérieurs de l’armée congolaise de rejoindre son camp.
Selon Richard Moncrieff, cette stratégie pourrait aussi permettre à Kabila de réduire la dépendance du M23 vis-à-vis de ses soutiens rwandais. L’ancien président s’appuie sur l’histoire de sa famille pour contester la légitimité du gouvernement actuel. Son père, Laurent-Désiré Kabila, avait dirigé une rébellion nationale dans les années 1990 avec le soutien du Rwanda. Ses troupes avaient progressé depuis l’est du pays jusqu’à Kinshasa, où elles avaient pris le pouvoir. Joseph Kabila pourrait chercher à mobiliser cet héritage politique pour renforcer son influence, mais l’analyste souligne que la conquête du pouvoir s’annonce plus difficile dans le contexte actuel.
En mai, les États-Unis ont imposé des sanctions à Joseph Kabila, l’accusant de soutenir financièrement le M23 et d’encourager les défections au sein de l’armée congolaise. L’ancien président a rejeté ces accusations et dénoncé des mesures injustifiées, motivées selon lui par des considérations politiques. Pour Richard Moncrieff, ces sanctions témoignent également du soutien de Washington au gouvernement de Félix Tshisekedi. Dans ce contexte, la nouvelle coalition devra surmonter d’importants obstacles si elle veut élargir son influence et remettre en cause le pouvoir en place.




