Au moins 139 migrants, dont 15 enfants, ont péri dans le naufrage d’une embarcation reliant Djibouti au Yémen. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 84 personnes restent portées disparues après le chavirement d’un bateau qui transportait plus de 300 passagers. Cette tragédie met une nouvelle fois en lumière les dangers de la route migratoire de l’Est, empruntée par des milliers de personnes en quête de meilleures conditions de vie dans les pays du Golfe.
D’après les témoignages des survivants recueillis par l’OIM, l’embarcation transportait 305 personnes lorsqu’elle a chaviré dans la nuit du 8 au 9 octobre près de Guhere, au nord d’Obock, une ville portuaire de Djibouti. Environ 82 passagers ont survécu au drame. Les autorités djiboutiennes poursuivent les opérations de recherche et de sauvetage, tandis que les équipes locales apportent des soins aux rescapés et organisent les inhumations. « Nos équipes sont sur le terrain aux côtés des autorités locales pour fournir une aide d’urgence », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti.
Une route migratoire toujours meurtrière
Malgré les violences au Yémen, de nombreux migrants poursuivent leur voyage dans l’espoir de rejoindre les pays plus riches du Golfe. L’OIM souligne que cette route expose les voyageurs aux naufrages, au trafic d’êtres humains et aux arrestations arbitraires.
En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou ont disparu sur cet itinéraire, selon le projet Missing Migrants de l’agence. Le nombre de personnes qui ont emprunté cette route a augmenté de 18 % au cours de la même période.
Les conflits alimentent les départs
La situation en Éthiopie accentue également les inquiétudes. De nouveaux affrontements dans la région du Tigré ravivent les craintes d’un retour à une guerre de grande ampleur, tandis que les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée fragilisent davantage la région. Des migrants éthiopiens interrogés par l’OIM ont expliqué avoir quitté leur pays à cause de conditions de vie difficiles, notamment la sécheresse, mais aussi des conflits et du recrutement forcé par des groupes armés.
L’agence a par ailleurs signalé une aggravation de la crise humanitaire au Yémen, où le nombre de personnes déplacées a atteint 200 000, contre 76 000 auparavant. Plus de 3 700 personnes avaient également quitté le Yémen par la mer pour rejoindre Djibouti à la date du dernier bilan communiqué par l’OIM.





