L’Érythrée a annoncé jeudi la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie, après la décision d’Addis-Abeba de fermer son ambassade à Asmara et d’expulser dix diplomates érythréens. Les tensions entre les deux voisins s’intensifient alors que les combats reprennent dans le nord de l’Éthiopie et que des explosions ont retenti dans la capitale.
Le ministère éthiopien des Affaires étrangères accuse l’Érythrée de mener des « actes d’hostilité et de belligérance » contre l’Éthiopie. Addis-Abeba soupçonne également l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir une alliance d’opposition dirigée par le TPLF. Les trois pays rejettent ces accusations. L’Éthiopie a aussi déclaré un diplomate égyptien persona non grata et lui a ordonné de quitter le pays sous 48 heures.
Cette crise diplomatique survient après une nuit marquée par des explosions à Addis-Abeba. Une source liée à l’alliance d’opposition affirme que celle-ci a mené plusieurs frappes de drones contre la capitale, notamment contre le quartier général de l’armée.
L’Éthiopie et l’Érythrée avaient pourtant renoué leurs relations en 2018 après plusieurs années d’hostilité. Leurs armées avaient ensuite combattu ensemble contre le TPLF durant la guerre de 2020-2022, avant que leurs relations ne se détériorent après l’accord de paix de novembre 2022. Les tensions autour de l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge ont également aggravé les relations entre Addis-Abeba et Asmara. Pendant ce temps, les combats se poursuivent au Tigré et dans l’Afar, où des dizaines de milliers de personnes ont déjà fui leurs foyers.





