Le Botswana fait face à de vives critiques après avoir autorisé l’abattage de 23 éléphants pour fournir de la viande lors des célébrations de son 60e anniversaire d’indépendance. Le pays, qui abrite plus de 130 000 éléphants, organise plusieurs festivités nationales à travers le territoire. Des défenseurs des animaux dénoncent une décision qui pourrait, selon eux, fragiliser les efforts de conservation.
Une décision qui inquiète les défenseurs des éléphants
La Société de protection des éléphants du Botswana estime notamment que cette mesure pourrait banaliser l’abattage des éléphants et encourager le braconnage. Son président, Oaitse Nawa, appelle à renforcer la protection de ces animaux. Plusieurs habitants ont également exprimé des réserves sur la consommation de viande de gibier dans un contexte d’épidémie de fièvre aphteuse.
Les 23 éléphants ont été répartis entre huit districts. Des médias locaux ont diffusé des images montrant des habitants autour de carcasses, notamment à Chobe, où un député a dénoncé les conditions de distribution de la viande. Il a demandé aux autorités de privilégier des portions conditionnées afin d’améliorer l’hygiène et de garantir une distribution plus équitable.
Un débat ancien sur la gestion des éléphants
Cette décision ravive un débat de longue date sur la gestion de la population d’éléphants au Botswana. Les communautés rurales dénoncent régulièrement les dégâts causés aux cultures, aux infrastructures et aux propriétés, ainsi que les risques pour les habitants. Le gouvernement défend donc une chasse réglementée qu’il présente comme un outil de gestion de la faune et de soutien aux communautés locales.
Le Botswana avait interdit la chasse aux trophées en 2014 avant de la rétablir en 2019. Le gouvernement affirme que les revenus générés contribuent à la conservation et au développement local. En 2025, les quotas spéciaux pour les éléphants auraient rapporté 15,6 millions de pulas, soit environ 1,1 million de dollars, destinés à des projets dans les zones concernées. Les organisations de conservation continuent toutefois de questionner la durabilité de cette politique.





