La police tunisienne a utilisé des gaz lacrymogènes jeudi pour disperser des manifestants à Ettadhamen, dans la banlieue de Tunis, après la mort d’un homme arrêté pour suspicion de trafic de drogue. Des affrontements ont également éclaté dans deux villes du sud du pays, sur fond de tensions économiques, sociales et politiques grandissantes.
La famille du défunt accuse les forces de l’ordre de violences policières et réclame une enquête pour établir les circonstances de sa mort et traduire les responsables en justice. Les médias locaux évoquent toutefois une autre version, selon laquelle l’homme aurait succombé après avoir avalé des stupéfiants.
À Ettadhamen, des manifestants ont bloqué des routes, incendié des pneus et lancé des pierres sur les policiers, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Des heurts similaires ont également secoué Jebeniana et Agareb, dans le gouvernorat de Sfax.
À Sfax, des étudiants ont aussi manifesté jeudi après le décès d’une étudiante victime d’un problème cardiaque. Ils ont dénoncé la lenteur des secours et le manque de moyens médicaux, avant d’appeler à une grève dans les facultés pour vendredi. Ces tensions font suite à une importante mobilisation organisée samedi dans la capitale, où des milliers de Tunisiens ont critiqué le président Kaïs Saïed, l’accusant d’affaiblir la démocratie et de mal gérer l’économie. La colère grandissante témoigne d’une contestation accrue de son pouvoir.





