Les forces armées maliennes et leurs alliés russes auraient tué de nombreux civils lors de frappes par drone « apparemment indiscriminées », selon un rapport publié lundi par Human Rights Watch (HRW). L’organisation dénonce également d’autres exactions commises dans le cadre de l’offensive intensifiée contre les groupes insurgés au cours des derniers mois.
D’après les données de l’ACLED, les forces maliennes et l’Africa Corps russe ont mené 47 frappes par drone entre avril et août, causant la mort de 94 civils. Sur la même période l’année précédente, 22 frappes avaient fait 44 victimes civiles. Parmi les incidents recensés, HRW cite une attaque contre un marché au bétail dans la région de Bandiagara, le 19 août, qui a tué six hommes, ainsi qu’une frappe contre un centre de santé dans la région de Kidal, le 29 juillet. Le rapport mentionne aussi la mort de cinq jeunes filles, abattues par des soldats qui les auraient confondues avec des assaillants dans la région de Ségou, le 12 juillet.
Cette intensification des opérations intervient après les attaques du 25 avril, qui ont notamment coûté la vie au ministre malien de la Défense et visé plusieurs localités ainsi que l’aéroport principal de Bamako. Arrivés au pouvoir après les coups d’État de 2020 et 2021, les dirigeants militaires maliens s’appuient sur la Russie et sur l’Africa Corps pour combattre les insurgés. HRW indique n’avoir reçu aucune réponse des autorités maliennes à ses demandes de commentaires.
Le rapport dénonce également des exactions du JNIM et de séparatistes touaregs, notamment l’exécution de 19 soldats dans la région de Gao en juillet. Le JNIM a reconnu les tueries tout en niant les avoir ordonnées, tandis que le Front de libération de l’Azawad a rejeté toute responsabilité dans l’exécution des soldats.





