Le milliardaire nigérian Aliko Dangote veut accélérer le développement du raffinage en Afrique. Après avoir lancé sa gigantesque raffinerie au Nigeria, il s’apprête à poser la première pierre d’un nouveau complexe à Lamu, sur la côte nord-est du Kenya. Il estime que la majorité des pays africains pourraient atteindre l’autosuffisance en carburants d’ici 2030.
Le futur site kényan représentera un investissement d’environ 16 milliards de dollars et pourra traiter jusqu’à 700 000 barils de pétrole par jour. Pour Dangote, l’objectif consiste à transformer davantage de matières premières sur le continent plutôt qu’à exporter du pétrole brut avant de racheter les produits raffinés à l’étranger. « Quand vous achetez des produits finis, vous importez de la pauvreté, parce que vous ne créez en fait aucun emploi ici », a-t-il déclaré.
Le projet de Lamu rencontre toutefois une opposition locale. Cent trente-trois habitants ont saisi la justice et contestent leur expulsion ainsi que la destruction de leurs biens, en réclamant notamment un plan de relogement. La Haute Cour du Kenya a suspendu les travaux dans l’attente d’une première décision prévue le 14 octobre, même si la cérémonie de lancement reste maintenue.
Pendant ce temps, la raffinerie de Dangote au Nigeria renforce son poids sur les marchés internationaux. Elle fournit notamment du kérosène à l’Europe, qui en a importé environ 80 000 barils par jour au deuxième trimestre 2026. Le groupe prévoit aussi de porter sa capacité totale à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029. Au premier semestre 2026, la raffinerie a réalisé 1,82 milliard de dollars de bénéfice net pour plus de 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires.





